L'histoire aussi étonnante qu'étrange d'une petite communauté d'un village isolé d'Italie qui, par un beau matin, décida de se convertir au judaïsme et de partir pour la Terre d'Israël sous la conduite du « prophète ».

En mars 1948, Donato Manduzio mourut et fut enterré comme juif sous le nom de Levi Manduzio. Il fut inhumé au cimetière de San Nicandro, non loin de ses voisins chrétiens. Sur sa tombe, à la place d'une croix, furent gravées deux étoiles de David et les mots suivants : « Donato... vécut en idolâtre jusqu'en 1930. Mais... à la suite d'une révélation divine, il fut appelé par Dieu du nom de Levi... et il répandit sur ce rocher sombre l'unité de Dieu et le repos du shabbat... »

Photos de cette histoire: דונאטו מנדוצ'יו
סן ניקנדרו גרגניקו שבדרום איטליהצילום: Marmeid 82, CC BY-SA 4.0, ויקישיתוף

L'histoire de Donato Manduzio nous est connue grâce au journal qu'il écrivit lui-même : « Ces pages raconteront une histoire courte et simple. Vous y lirez comment une lumière brilla dans les ténèbres, une lumière qui dissipa l'obscurité de la nuit et éloigna les ombres de la mort. Et toi, lecteur, ne te moque pas de mon écriture misérable et maladroite, car de toute ma vie, je ne me suis pas assis un seul jour sur les bancs d'une maison d'étude ! J'eus pour maître et pour rabbin le Dieu d'Abraham, qui délivra notre père Abraham de l'idolâtrie et lui indiqua le chemin du pays de Canaan. » (Extrait du journal de Donato Manduzio, De l'église à la synagogue.)

La révolte lors de la confirmation

L'histoire commença à l'été 1892, lors de la cérémonie de la confirmation, au cours de laquelle le chrétien confirme les vœux du baptême prononcés pour lui lorsqu'il était nourrisson. Par cette cérémonie, le chrétien est accueilli dans la communauté comme un adulte responsable, l'équivalent d'une bar-mitsva. Ce jour-là, la petite église de San Nicandro était pleine à craquer. Les habitants du village s'y pressaient, attendant avec impatience ce moment émouvant. Le fils aîné du marchand de vin allait prendre sur lui le joug du christianisme. Le curé du village, don Giuseppe, entra dans la salle et descendit solennellement les cinq marches, accompagné de jeunes séminaristes. Face à lui se tenait le garçon, Donato Manduzio. Si la cérémonie s'était déroulée comme prévu, Donato, qui avait été baptisé en 1885, aurait embrassé la main du prêtre en signe d'obéissance et de soumission, et aurait imploré la grâce de l'Église. Mais il n'en fut rien. Donato resta figé et manifesta même clairement son aversion pour le prêtre. La scène était étrange et tendue, jusqu'à ce que la tension éclate soudain en un tonnerre de rires. Le prêtre, tremblant de rage et de honte, rompit le silence d'un cri retentissant : « Celui-là finira encore criminel ! Sors d'ici, que je ne te voie plus, car le diable est en toi ! » L'incident se répandit dans la région et, en une nuit, le petit village devint célèbre, son nom sur toutes les lèvres. Son père, dont le fils avait couvert le nom d'une honte éternelle, l'enferma dans l'étable pendant deux semaines. Le jeune Donato comprit clairement qu'il n'avait désormais plus sa place dans la communauté, qu'il se tenait désormais à l'écart des autres et qu'il était même devenu une nuisance. Donato devint la brute du village.

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מושב עלמה בגליל העליון בשנותיו הראשונותצילום: דוד אלדן, ויקישיתוף (נחלת הכלל)

La Première Guerre mondiale offrit à Donato, la brute du village, l'occasion de quitter son village isolé et peut-être même d'y revenir en héros. En 1918, trois ans après s'être engagé, il fut blessé à la jambe et passa un an dans un hôpital militaire de Pise. Grâce à un autre blessé couché à ses côtés, il apprit à lire et à écrire. Pour Manduzio, qui n'avait jamais fréquenté l'école, ce fut une révélation. Dès qu'il sut lire, il ne s'arrêta plus. Il commença par lire des romans faciles et des journaux, puis, en 1919, retourna dans son village de San Nicandro, où sa maison devint un centre spirituel animé. Sa blessure l'ayant laissé infirme, il ne pouvait plus travailler de ses mains et vivait d'une pension d'invalidité et de l'aide de la famille de sa femme. Donato, autrefois la brute du village, était devenu un homme d'esprit, et nombreux étaient ceux qui accouraient pour entendre l'avis du lettré. Une communauté de disciples se forma ainsi autour de lui. En 1930, Manduzio rêva qu'il se tenait seul dans un champ obscur. Soudain, un vieil homme apparut devant lui, une bougie à la main. « Porte la bougie bien haut et répands ma lumière », lui dit le vieil homme. Manduzio se réveilla bouleversé et illuminé à la fois. Il y vit une mission. Deux jours plus tard, son voisin Pino, le propriétaire de l'auberge, lui apporta un livre abandonné par un voyageur en échange de son hébergement. « Ce livre ne vaut peut-être quelque chose que pour sa couverture », dit Pino. Mais lorsque Manduzio l'ouvrit, il découvrit la Bible traduite en italien.

Le rêve et le premier livre

Pendant trois jours et trois nuits, Manduzio lut le livre avec avidité. Sa femme, effrayée, crut qu'un esprit l'avait possédé. On fit venir le prêtre, qui dit : « Laissez-le. Quand il aura fini le livre, ça lui passera. » Mais cela ne lui passa pas. Manduzio découvrit dans la Bible une vérité différente de celle qu'il avait connue à l'église. À la place du culte des saints, l'interdiction des statues. À la place du dimanche, le jour saint était le shabbat, et il était interdit de manger du prosciutto. Une communauté se forma ainsi dans le village. Ses membres commencèrent à observer le shabbat et cessèrent de manger du porc, ce qui, apparemment et comme par miracle, améliora leur santé et fit baisser leur taux de cholestérol. « Ça marche, Donato a raison », disaient les gens. Plus encore, les croyants comprirent que le message n'était pas celui de l'ascèse et des souffrances, mais celui d'une vie de sainteté, de vocation et de lumière. Manduzio, convaincu que la vérité se trouvait dans le judaïsme et non dans le christianisme où il était né, se mit à répandre la bonne nouvelle. Dans son journal, Manduzio note la date exacte à laquelle il fonda la communauté juive de San Nicandro : la nuit du 10 au 11 août 1930, alors qu'il avait 45 ans.

Les vendredis soir, Manduzio et ses compagnons se réunissaient chez lui, lisaient la Torah, étudiaient la Michna et chantaient des poèmes liturgiques qu'il avait lui-même composés. Manduzio établit un calendrier juif selon sa propre compréhension et célébra Pessa'h comme il l'avait compris dans les textes. Lui et ses disciples étaient convaincus qu'à cette époque ils étaient les seuls juifs au monde et qu'ils faisaient en réalité revivre le judaïsme. La communauté du village se divisa ainsi entre les catholiques et la nouvelle communauté juive, qui comptait déjà 80 personnes.

Un jour, à la tombée du soir, un marchand ambulant traversa le village et vit une lumière allumée dans une maison, tandis que toutes les autres étaient plongées dans l'obscurité. Il frappa à la porte et découvrit à l'intérieur un petit groupe de personnes assises autour d'une Bible. « Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-il. Vous êtes évangélistes, des chrétiens protestants ? » « Non, nous sommes le peuple de Dieu » (Noi siamo il popolo di Dio). « Nous observons la Torah... car nous sommes les derniers juifs. » Il éclata de rire : « Des juifs ? Il y a des juifs partout à Rome, à Milan, à Florence ! »

Manduzio fut stupéfait. Il s'empressa d'écrire au grand rabbin de Rome : « J'ai retrouvé mes frères perdus. » Mais il ne reçut pas de réponse. Une deuxième lettre resta elle aussi sans réponse. Ce ne fut qu'après la troisième que le rabbin Angelo Sacerdoti, grand rabbin de Rome, qui était convaincu qu'ils plaisantaient, accepta d'envoyer un émissaire pour découvrir qui étaient ces « judaïsants » dans ce petit village italien isolé. L'émissaire revint à Rome bouleversé : ils observaient le shabbat, les règles de la cacherout et les fêtes, et lisaient la Bible avec une foi absolue. Le rabbin leur envoya des livres de prières, des taliths et des livres, et Manduzio lança à ses frères catholiques : « Vous voyez, les juifs nous donnent des choses, contrairement à l'Église, qui nous en prend. » Ils demandèrent à se convertir selon les règles et à rejoindre la communauté juive mondiale, mais le rabbin leur expliqua que « ce n'est pas le moment de rejoindre le peuple juif, car c'est dangereux ».

La nouvelle communauté et le rapprochement avec le judaïsme

Bien que le gouvernement fasciste fût arrivé au pouvoir en Italie dès 1922, l'antisémitisme ne faisait pas officiellement partie du programme politique du parti de Mussolini. En coulisses, des dirigeants fascistes, dont Mussolini lui-même, nourrissaient des opinions antisémites et préparaient le terrain pour exclure les juifs de la société. Le rapprochement avec l'Allemagne et la création de l'« Axe Rome-Berlin » accélérèrent le processus et, à partir de 1935, la propagande antisémite commença à pénétrer la presse.

En 1938, l'Italie commença à appliquer une série de lois antijuives qui affectèrent tous les domaines de la vie. En février 1940, Mussolini déclara que l'Italie se débarrasserait de tous ses juifs en l'espace de cinq ans. En juin 1940, l'Italie entra en guerre et les juifs qui n'avaient pas encore quitté le pays furent arrêtés et internés dans des camps. Après la destitution de Mussolini par ses adversaires, en juillet 1943, l'Allemagne nazie prit progressivement le contrôle du pays.

Mussolini fut rétabli au pouvoir et créa un régime fasciste radical sous la protection des Allemands. Sous ce régime, avec l'aide des milices fascistes italiennes, commença la déportation des juifs vers Auschwitz. La première vague de déportations débuta en octobre 1943 et fut organisée par les forces allemandes, mais dès novembre, les milices italiennes commencèrent à arrêter des juifs, à les remettre aux Allemands et à confisquer leurs biens.

Lorsque les Allemands prirent le contrôle de l'Italie, quatre motos militaires arrivèrent au village et s'arrêtèrent devant l'auberge de San Nicandro. Un officier SS allemand, accompagné d'un officier italien, entra dans l'auberge, tandis que les autres soldats se déployaient tout autour, prêts à intervenir. « Où sont passés les juifs ? » hurla l'officier. « Les juifs ? » répétèrent les personnes présentes, étonnées. « Il n'y a pas de juifs ici. Ils sont tous partis. » L'officier comprit aussitôt qu'on lui mentait et menaça de faire sauter l'endroit. Un instant, le silence se fit. Chacun cherchait sur le visage de l'autre un signe de trahison, de peur, une faille, mais personne n'était prêt à les dénoncer. L'officier essaya une autre approche. « Si vous ne cachez pas de juifs, vous accepterez certainement que nous fouillions les lieux ? » « Bien sûr ! » répondirent-ils tous. « Il n'y a rien que nous détestions plus que les youpins », dit quelqu'un en avalant sa salive. L'officier se calma. Alors, dans un élan de camaraderie, l'un des hommes proposa : « Avant la fouille, un petit verre à la santé du parti ? » On apporta aussitôt une bouteille. L'officier but et fit un clin d'œil : « Heil Hitler ! » Les Italiens répondirent : « Viva ! » Les tournées s'enchaînèrent et la tentative de déporter les juifs du village fut déjouée.

C'est précisément dans les moments difficiles que la noblesse des chrétiens du village se révéla. Sous la conduite du prêtre, ils n'hésitèrent pas à faire front ensemble face au mal. Ils ne laissèrent pas les nazis chasser leurs frères juifs du village. Ils formèrent un rempart humain, protégeant leurs voisins persécutés uniquement à cause de leur foi. Grâce à eux, Manduzio et les membres de sa communauté échappèrent au sort cruel qui les attendait. Il convient de préciser que des habitants se portèrent au secours des juifs dans plusieurs autres endroits d'Italie, ce qui valut à des communautés entières le titre de « Justes parmi les Nations ». Celle de la ville d'Assise est l'une des plus célèbres.

L'occupation allemande et le sauvetage

L'Italie devint un champ de bataille entre les Alliés et l'Allemagne. Au début du mois de septembre, des forces britanniques et canadiennes débarquèrent en Italie, en Calabre et dans d'autres régions du sud du pays. En réalité, les envahisseurs cherchaient à détourner l'attention des Allemands de leur objectif principal : Rome.

Parmi les unités débarquées se trouvaient plusieurs bataillons juifs. La Brigade juive ne fut créée qu'en 1944. Deux soldats célèbres de ces unités étaient Enzo Sereni, né à Rome, et Pinhas Lapide, né en Autriche. Alors qu'ils circulaient tous deux en jeep entre les villages du sud de l'Italie, ils n'en crurent pas leurs yeux lorsqu'ils virent les habitants du petit village brandir un drapeau bleu et blanc avec une étoile de David en son centre. Une communauté juive dans un petit village isolé de cette région ? Cela semblait impossible, et ils soupçonnèrent qu'il s'agissait d'un piège. Lapide décida d'en avoir le cœur net et arrêta la jeep sur la place. En quelques instants, des dizaines de curieux se rassemblèrent autour de lui. Il n'avait pas encore compris où il avait atterri qu'un garçon s'approcha et lui dit dans un hébreu simple : « Shalom. » Avant qu'il ait pu assimiler la surprise, de plus en plus d'habitants s'étaient rassemblés autour de lui. Le garçon et lui se dirigèrent résolument vers la maison du rabbin Manduzio. Le cortège derrière eux ne cessait de grossir, et beaucoup se pressèrent dans la petite maison, tandis que ceux qui étaient restés dehors tentaient d'écouter la conversation entre le rabbin et Pinhas Lapide.

En face de Lapide était assis un homme âgé, pâle, aux yeux brillants. Il récita la bénédiction de « Shehecheyanu » et lui demanda en italien de s'approcher afin qu'il puisse mieux le regarder. Manduzio saisit les mains de Lapide et les serra avec force, comme s'il cherchait à vérifier qu'il avait vraiment devant lui un homme vivant. D'une voix tremblante, il lui demanda s'il venait de Jérusalem. Lapide sourit doucement et répondit que non, qu'il venait simplement d'une petite localité. Un discret soupir de déception se fit entendre. « J'habite quelque part entre Dan et Beer-Sheva », ajouta-t-il. La foule répéta doucement après lui, presque avec révérence : « De Dan à Beer-Sheva... » C'était la première fois qu'ils rencontraient un juif venu de la Terre d'Israël. Ils étaient stupéfaits et voulaient en savoir davantage sur ces juifs qui venaient d'apparaître sous l'uniforme de soldats. Pinhas Lapide s'assit et se mit à leur parler de la vie en Terre d'Israël, de ce que faisaient les gens et du fait qu'on y trouvait aussi des agriculteurs comme eux. Ils l'écoutaient bouche bée et les femmes essuyaient leurs larmes. À la nuit tombée, il s'excusa en disant qu'il devait regagner son unité, puis déclara avec modestie : « Je ne suis pas un envoyé de Dieu, seulement un pionnier de plus en Terre d'Israël. » Mais pour eux, il était la réalisation d'un rêve. Manduzio ne le laissa partir qu'après qu'il eut promis de revenir. On peut trouver la célèbre photographie de Pinhas Lapide et d'Enzo Sereni avec les juifs de la communauté de San Nicandro. Par la suite, Enzo Sereni rejoignit une unité de parachutistes ; il fut parachuté, puis exécuté par les nazis au camp de Dachau. Le kibboutz Netzer Sereni porte son nom. Pinhas Lapide devint plus tard consul d'Israël à Milan et écrivit environ 35 livres, dont un consacré à Manduzio, intitulé « Le prophète de San Nicandro ».

Après la guerre : l'héritage de la communauté

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en août 1946, 74 membres de la communauté se convertirent au judaïsme. Il est difficile de savoir si Manduzio lui-même se convertit dans les règles, car sa santé s'était dégradée et il ne subit pas la circoncision.

En mars 1948, deux mois avant la création de l'État d'Israël, Donato Manduzio mourut et les membres de sa communauté l'enterrèrent comme juif sous le nom de Levi Manduzio. Il fut inhumé au cimetière de San Nicandro, non loin de ses voisins chrétiens. Sur sa tombe, à la place d'une croix, furent gravées deux étoiles de David et les mots suivants : « Donato... vécut en idolâtre jusqu'en 1930. Mais... à la suite d'une révélation divine, il fut appelé par Dieu du nom de Levi... et il répandit sur ce rocher sombre l'unité de Dieu et le repos du shabbat... »

Manduzio laissa derrière lui un journal manuscrit à l'écriture serrée. En plus de 400 pages, il y relata ses visions, son parcours, ses souffrances et son combat spirituel. Dans son introduction, il écrivit : « Ces pages raconteront une histoire courte et simple. Vous y lirez comment une lumière brilla dans les ténèbres, une lumière qui dissipa l'obscurité de la nuit et éloigna les ombres de la mort. Et toi, lecteur, ne te moque pas de mon écriture misérable et maladroite, car de toute ma vie, je ne me suis pas assis un seul jour sur les bancs d'une maison d'étude. J'eus pour maître et pour rabbin le Dieu d'Abraham, qui délivra notre père Abraham de l'idolâtrie et lui indiqua le chemin du pays de Canaan. »

Au début de la guerre d'indépendance, parmi les milliers de combattants venus en Terre d'Israël pour prendre part aux combats, cinq jeunes hommes du village de San Nicandro arrivèrent également, en août 1948. Les nouvelles recrues furent aussitôt envoyées au front et firent preuve d'un grand courage. Leurs officiers ne tarissaient pas d'éloges sur leur bravoure. Le « problème » avec ces garçons, disait leur commandant, c'était qu'ils refusaient d'accomplir la moindre tâche le jour du shabbat, même de se préparer au combat.

Un an après la création de l'État, les autres membres de la communauté partirent pour la Terre d'Israël à bord du « Galil ». Depuis le port de Haïfa, ils se rendirent directement en Haute-Galilée pour s'installer dans le pays. Leur principal bagage était constitué de sacs de semences et de bottes de jeunes plants. Ils avaient aussi amené un mouton pour qu'il serve de sacrifice à l'approche de Pessa'h. L'Agence juive les envoya dans le village abandonné de Ras al-Ahmar. Là, avec des immigrants venus de Libye, dont certains parlaient italien, ils fondèrent les moshavim de Kerem Ben Zimra et Alma. À leur grand étonnement, ils découvrirent qu'en Terre d'Israël certains juifs n'observaient pas le shabbat. Les immigrants libyens ne savaient pas trop comment les accueillir, car on sait que là où il y a deux communautés, il y a quatre synagogues, et voilà qu'ils vivaient maintenant... Mais, au fil des années, les deux communautés se fondirent l'une dans l'autre.

À San Nicandro, il reste une petite communauté de femmes juives qui observent le shabbat tout en étant mariées à des catholiques. Les fils restent catholiques, certains se convertissent au judaïsme, et les filles héritent de la religion de leur mère et sont donc considérées comme juives. Aujourd'hui, une quarantaine de femmes juives vivent à San Nicandro.